vendredi 22 novembre 2019

S comme Syndic


Syndic

Le Syndic représentait la communauté, il était élu lors d'une assemblée générale de tous les propriétaires de la paroisse. Son rôle était de faire respecter les statuts de la communauté, (c'est lui qui convoquait l'assemblée), de toucher les revenus communs et de rendre compte de sa gestion à l'assemblée à la fin de son mandat. Le syndic peut représenter la communauté en justice. Le syndic reste longtemps en place, il est choisi parmi les habitants les plus aisés et les plus instruits, car il faut qu'il soit susceptible de faire au besoin des avances d'argent, de se déplacer et de consulter des hommes de loi pour défendre les intérêts de la communauté
Les minutes notariales nous permettent de connaitre la liste des syndics de 1760 à 1789: Jean Lalanne (1760-1777), Jean Souverville (1777-1778), Jean Bernettes (1778-1786), Jacques Borel (1786-1789), Jean Dupin (1789)
Voici quelques délibérations concernant les syndics
Le 8/9/1778 Cassebé notaire à Saint Martin de Seignanx (AD 64 3 E 4703)
« Délibération des habitants de Tarnos portant nomination de Jean Bernettes comme syndic
"…. Ont comparu Jean Lesperon et François Gassané jurats de la présente paroisse de Tarnos, lesquels ont dit avoir mandé les habitants de cette paroisse de l'ordre de Monsieur de Sallenave, procureur fiscal à l'ordinaire de Saint Martin, pour ce jour et heure aux fins d'élire et nommer un syndic en lieu et place de feu Jean Souverville maitre en chirurgie du présent lieu décédé … Jean Bernettes dit Haurichon est nommé pour trois années…. »
Le 14/12/1785 devant Cassolet notaire à Saint Esprit (AD 64 3 E 4682) nomination de Jacques Borel comme syndic. Cette élection ne fait pas l'unanimité et trois membres de la communauté ne participent pas au vote: Jean Lalanne (ancien syndic) Etienne Castillon et Dominique Dulong.
« … Jean Bernettes Syndic, François Laborde et Laurent Bouras jurats …. Suit la liste des principaux propriétaires … Les tous capitulairement réunis aux formes ordinaires par les jurats et à la réquisition dudit Bernettes syndic, qui a représenté à la communauté que son âge avancé, les infirmités …. Il ne saurait exécuter dorénavant la tâche d'un syndic en les remerciant jusqu'à ce jour de vouloir en choisir un autre à sa place. Ladite communauté d'une voix unanime a l'exception desdits Lalanne, Castillon et Dulong qui se sont retirés, a élu et choisi pour leur syndic à compter de ce jour et pour le trois prochaines années le sieur Borel père… »

En étudiant les archives judiciaires on comprend mieux pourquoi Jean Lalanne est opposé à Jacques Borel. Le 18/2/1786 il porte plainte contre lui. Voici les faits Jacques Borel aurait empêché Jean Lalanne d'assister à une assemblée.
« … Borel le prit au collet et le suppliant ayant voulu faire des efforts pour entrer, Borel le repoussa et le tenait entre le mur et la porte, où il le tenait de toute sa force, au point qu'il l'empêchait de respirer, non content de son action, il appela au secours les jurats, qui accourant, au lieu de faire ouvrir la porte pour dégager le suppliant ou de l'assister à entrer ou à sortir, se mirent à le presser davantage, entre la porte et le mur, au point que le suppliant était hors d'haleine… le suppliant pu enfin se dégager, et se jeta sur une chaise et revenu à lui, son plus grand empressement fut de se retirer comme il put chez lui et de se faire soigner … il fut contraint de se tenir dans son lit pendant deux jours, et n'est pas entièrement remis, le rapport du chirurgien et le témoignage des assistants fera mieux connaitre à la justice les excès de ces particuliers … » (AD 40 archives judiciaires série IV B)
Jean Lalanne est décédé à Tarnos maison Cordeu le 23/6/1789. Jacques Borel, qui était plus jeune est décédé à Tarnos le 17/9/1800 des suites de blessures qui lui furent infligés par des individus sur la route de Saint Etienne Darribe Labourt (peut-être l'ancienne nationale 117)

Les signatures d'habitants de Tarnos participant à la réunion




jeudi 21 novembre 2019

R comme Régent



Régent:

Le régent est chargé, soit par un groupe de parents, soit le plus souvent par la communauté (assemblée capitulaire) d'instruire les enfants, l'école fonctionne le plus souvent sous le porche de l'église. Le choix incombe à la communauté.
Le régent devra tenir l'école publique, enseigner aux enfants de la paroisse à lire, écrire et les quatre premières règles de l'arithmétique, à prier Dieu, la religion et le catéchisme. A ces taches d'enseignement s'ajoute dans un certain nombre de cas l'obligation de faire le rôle d'imposition ou d'aider le syndic et les jurats, c’est-à-dire servir de greffier à la collectivité. Il pouvait également servir d'écrivain public. La fonction de régent était en général payée en argent auquel s’ajoutaient le logement et la nourriture prise chez les différents habitants.


Les assemblées de la communauté se tenaient sous le porche de l'église

Voici quelques nominations au hasard des archives notariales
Le 24/6/1751 (Cazaumajour, notaire à Saint Martin de Seignanx AD 64 3 E 4621) nomination de Jean Laborde comme régent.
« … Avant midi sur le cimetière de l'église Saint Vincent
Jean Lousse marguillier, Etienne Castillon syndic
On dit qu'il est d'usage d'avoir un maître d'école pour l'instruction des enfants, ils en sont privés par la mésintelligence qui règne parmi les habitants, à cause que la plus grande partie de la jeunesse n'a point d'éducation, pour l'éducation chrétienne et générale….
On dit que Jean Laborde est capable pour l'éducation des enfants … 150 livres par an … »

Le 1/7/1787 (Cassolet notaire à Saint-Esprit AD 64 3 E 4683) nomination d'Etienne Loustalot comme régent
« En la paroisse de Tarnos, dans la chambre commune où les assemblées ont coutume de se tenir, par devant le notaire soussigné, sont comparus Mr Louis Dupont curé et son approbation et consentement relativement à la nomination du nouveau benoît, convoqué à la diligence de leur syndic Jean Dupin, Pierre Lassus, Jacques Borel bourgeois, Jean Cazalis, Jean Bernettes, Pierre Gayan, Jean Gassané, Etienne Daramy, Martin Campozet, Jacques Duboy, Laurent et Pierre Bascazaux, Pierre Lavergnie, Jean Duhau … tous habitants et propriétaires de la présente paroisse lesquels procédant à la nomination d'un nouveau benoit en lieu et place de Pierre Bouheben, charpentier habitant de cette paroisse, ont nommé Etienne Loustalot maître d'école, lequel jouit également des émoluments rattachés à la régence fixé à 150 livres… »
On le voit ici le benoît est en même temps régent.

L'église de Tarnos est une église fortifiée


mercredi 20 novembre 2019

Q comme quartier


Quartier



On appelle quartier, aussi bien dans les Landes qu'en Chalosse, un groupe de maisons même isolées les unes des autres, occupant un secteur topographique de la communauté. Il n'est pas découpé arbitrairement et il a sa personnalité

Voici les quartiers de Tarnos avec la liste des maisons.

Quartier d'Ite ou du Boucau:

Prisse, Mousserolle, Loustaunau du meunier d'Esboucq, Aux Branères, Mouticq, Grazincau, Peloste, Pitarré, Prucon, Junca, Lalotge, Baderi, Péclère, Nanot, Clincart, Barromes, Larribau, Joanolot, Claussot, Frère, Lartigue, Chinanon, Laboyrie, Sauboa, Laborde, Cambrac, Salenave, Bascazaux, Bellecave
Quartier de Romatet:

Hureaux noble jardin, Heucas, Lassus, Cousté, Lesportes, Sorde, Seglas, Layeus, Arey, Laproye, Lescases, Bruhou, Pacheu, Les Comeres



Quartier d'Ordezon:

Hontabat, Petit Seigne, Juzon, Ordezon, Lare, Saint Joan, Banic, Lou Hau, Bidangos, Jeanne, Min, Bachacou, Armaignac, Bayle, Privatet, Labielle.
Quartier d'Estiey:

Marguit, Arqueres, Tausin, Anlonque, Les deux Aramits, Baron, Hillon, Lalonque, Salenave, Lamarque, Milors, Coutré, Rachou, Basta, Pebe, Casillon, Casaumayou, Mon, Bisbau, Lasalle,Gouret, Bedat

Quartier d'Arzon:

Le Claus, Garros, Lousse, Saubis, Donzacq, Coyton et Trauquet, Esperben, Guillemoton, Biscary, Loustaunau, Baudonicq


Quartier du Bourg:

Lannes, Guiraut, Tichennerie, Georges, Raimond de Lacouture, Les Casenabes, Coureau, Dayou, Montauban, Pieulet, Bascou, Carrere, Gascon, Chine, Chrestian, Gaillegou, Dauphin, Biton, Georges du Haut, Guicharnaud, Gentilhome, Lombarbenau, Saubat, Les Artigaux, Caparanie.


Quartier de Garros:

Bernettes, Verger, Gayan, Nougué, Laurencine, Loure, Béga, Cazaunau, Les Camps, Nacisse, Jaubel, Les trois Bouhaben, Coudille, Fringon, Moyne.

Il s'agit des quartiers et des maisons existant à Tarnos au milieu du 18ème siècle.

Sources:
Archives personnelles (Etat de la dîme de la paroisse de Tarnos)
Carte de Cassini (Gallica BNF)

mardi 19 novembre 2019

P comme Prise de possession


Prise de possession



La prise de possession d'un bien se faisait systématiquement après un acte d'achat.

Ainsi le 8/4/1748 devant Cassolet, notaire à Saint-Esprit, (AD 64 3 E 4654) Dominique Sallenave, pilote major de la barre de Bayonne qui vient d'acheter, devant le même notaire le 10/3/1748 (AD 64 3 E 4654), le bien de "Peloste", prend possession de ce bien.

Laissons parler le notaire:

« Nous dit notaire lui avons fait ouvrir et fermer la principale porte de ladite maison dans laquelle il aurait parcouru toutes les appartenances qui la composent. Et de la présente maison nous étant porté sur les terres vendues nous aurions mis en main du sieur Sallenave de la terre et rameau vert, comme aussi nous étant transporté dans ladite maison de Peloste nous aurions fait pareillement ouvrir et fermer au sieur Sallenave la principale porte de la maison, le tout en signe d'une bonne et vrai possession …. Nous avons enjoint à Marie Boucheron épouse du sieur Louis Bretonville en l'absence de celui-ci reconnaitre dorénavant le sieur Sallenave pour son maître et propriétaire de la maison de Peloste et d'en avertir le sieur son mari… »



Quelquefois la prise de possession se retrouve dans le corps de l'acte de vente comme dans celui du 31/7/1720, retenu par Cassolet notaire à Saint-Esprit (AD 64 3 E 4630) qui traite de la vente de l'héritage du Petit Badery (au quartier de Boucau) par Marie de Seglas épouse de Jean Bisbau en faveur de Marie Dussarat épouse de Pierre Gontaires Bourgeois bayonnais



« … et que ladite demoiselle Dussarat en prenne immédiatement la possession lui avons fait fermer et ouvrir les principales portes et fenêtres desdites deux maisons, et ensuite nous étant transportés sur toutes lesdites terres vendues, nous dit notaire en aurions mis en main à ladite demoiselle Dussarat le tout en signe d'une bonne et véritable possession avec les autres formalités en tel cas requises et accoutumées, sans aucun empêchement et personne, avec sommation au nommé Noël de Bitille et Pierre de Naussy fermiers desdites deux maisons et susdits biens, de connaitre à l'avenir ladite demoiselle Dussarat pour la véritable maîtresse et propriétaire des susdites maisons et biens … »


Sources:
Archives personnelles
AD 64 en ligne minutier des notaires de Saint Esprit (Cassolet)

lundi 18 novembre 2019

O comme Obligation


Obligation



Au 19ème siècle on trouve beaucoup d'obligation, un certain nombre de rentiers prêtaient de l'argent à un taux proche de l’usure, certains en faisaient même un commerce et cela contribuait à leurs rentes. Dans tous les actes les biens immobiliers étaient pris en gage et en cas de non remboursement du prêt ils étaient mis en vente.

Voici quelques obligations

Devant Jourdaa notaire à Bayonne le 2/4/1900 (AD 64 3 E 17789)

« Eugène Besançon ajusteur aux Forges de l'Adour et Gracieuse Portal empruntent 1300 francs à Catherine Bruno à Bayonne

Hypothèque:

Tous les immeubles qu'ils possèdent à Boucau 525 m² parcelles 554 et 551 section C du cadastre de Boucau

Confrontant: Est et Ouest à terrains des Forges de l'Adour, sud à chemin de servitude. Ils ont construit les bâtiments et le terrain a été acheté aux Forges de l'Adour par acte retenu par Daguenet le 29/6/1892 »



Devant Detchart notaire à Bayonne le 25/1/1904 (AD 64 3 E 12266)

« Eugène Besançon propriétaire et contremaitre aux Forges de l'Adour et Gracieuse Portal son épouse à Boucau reconnaissent devoir à Arnaud Garro clerc de notaire 3000 francs…

Laquelle somme Mr et Mme Besançon s'obligent à rendre et rembourser à Mr Garra dans cinq ans à compter de ce jour et à lui servir depuis la même époque jusqu'à parfaite libération, l'intérêt au taux de quatre et demie pour cent payable par semestre terme échu et sans retenue..

Hypothèque:

Une maison à habitation construite en mâchefer, couverte de tuiles, située au Boucau, quartier de l'usine, d'une contenance de 550 m² faisant partie des n° 554 et 551 section du cadastre de Boucau.

Confronte du nord et d'est à terrain des Forges, ouest à veuve Ernie et sud à chemin de 8 mètres de largeur. Acquis des Forges de l'Adour, actes reçus par Daguenet, notaire à Bayonne les 29/6/1892 et 9/9/1899, la maison a été construite par eux. »

Tous ces actes m'ont permis de retrouver cette maison qui existe toujours rue Jean-Pierre Thimbaut au Boucau.
Maison Besançon rue JP Timbault Boucao


Vous trouverez ci-dessous un arbre généalogique de la famille Besançon.





Sources
AD 64 minutier des notaires de Bayonne et Etat civil Boucau
Archives personnelles


samedi 16 novembre 2019

N comme Nanot


Nanot

Nanot est un des diminutifs de Jean dans notre région du bas-Adour.

Le 19/8/1686 et le 8/9/1686, la propriété de Nanot est acquise aux enchères publiques devant le parlement de Bordeaux, par Laurent et Catherine Dolives (Les Dolives sont une vielle famille bayonnaise d'origine hollandaise). Catherine Dolives épouse le 6/11/1687 Bernard Lissonde, qui est officier monnayeur. Elle décède à Bayonne le 1/6/1737 après avoir fait son testament retenu par Duclerc notaire à Bayonne le 27/2/1732, son héritier est son fils Louis Lissonde.
Les Lissonde sont officiers monnayeurs de père en fils en l'hôtel de la Monnaie à Bayonne. Il a été créé par Charles VIII, Roi de France, en septembre 1488, les employés avant la Révolution étaient au nombre de trente. L'hôtel fut d'abord installé rue Orbe et ensuite rue de la Monnaie au 18e siècle.
Louis Lissonde le nouveau propriétaire de "Nanot" est né le 31/3/1690, il est mort à Bayonne le 14/7/1761. C'est son petit-fils Louis Lissonde qui vend le 14/5/1784 la propriété de Nanot sise à Tarnos, quartier du Boucau en faveur de Louis Dirandartz   (Chevalier du Consulat de France en la ville de Cadix) représenté par sa mère Marie Debarbés. L'acte est retenu par Paul Duhalde notaire de Bayonne (AD 64 3 E 3475)
« ..savoir maison principale et héritage appelé de Nanot, avec le jardin, eyrial, basse-cour, grange, pressoir, cour, écurie, fournière terre labourable et autres, comme ledit Lissonde vend les métairies appelés le Duc, le Berger, le Petit Lartigue et le Petit Nanot, avec leurs maisons, parc à bétail, grange, fournière, terres labourables, pignadas, vignes, échalassières, bois de haute futaye et portey à chênes qui est au levant et couchant de ladite maison de Nanot. Ensemble un peu de lande de la contenance de 8 arpents ou environ sur la lande de Matignon. La vente est faite moyennant la somme de 12000 livres… »
Louis Dirandartz le nouvel acquéreur de "Nanot" est le fils de Bernard Dirandartz capitaine de navire et de Marie Débarbés, il est né à Bayonne le 10/3/1736. Après son décès, survenu en l'année 1787, sa mère hérite de la propriété. Elle décède, le 15/4/1801 laissant pour héritières ses deux filles Gracieuse Dirandartz, née à Bayonne le 9/11/1741 épouse de Laurent Daguet, et Gracy Dirandartz née le 9 novembre 1745.
Sans doute la charge est-elle trop lourde pour elles, car le 7/12/1812 par acte retenu par Cassolet notaire à Saint Esprit elles vendent la propriété en faveur de Jacques David aîné et de Pascal Antoine Lamothe négociants, habitants de Bayonne, moyennant une rente viagère de 600 francs.
L'acte du 7 décembre 1812 (l'acte est enregistré au bureau des hypothèques de Dax) nous une idée de la propriété de Nanot
Nanot: maison, basse-cour, jardin et bois ; métairie de Nanot : bâtiments, terres labourables, pignadas, échalassières et landes ; métairie du Duc: composée de bâtisse, terre labourable, vergne, prairie et landes, corsiers et pins ; métairie du Petit-Nanot: consistant en terres labourables, bâtisse, lande contenant des pins et des corsiers ; métairie du Verger composée de bâtiments, terres labourables pignadas et landes ; métairie du Petit Lartigue consistant en bâtisse, lande et terres labourables.
Cadastre de 1810 (AD 40 en ligne)

Le 10/4/1816 le bien est adjugé devant le tribunal civil de Bayonne au sieur David, les consorts Dirandartz n'étant pas décédées la rente viagère continue.
Le 20/3/1835 par devant Joseph Victor Casebonne notaire à Bayonne, (Acte transcrit aux hypothèques de Dax AD 40 volume 56 n°98) Marianne Fayet veuve de Mr Jacques David et son héritière par testament retenu par le même Casebonne le 1/3/1830 (AD 64 3 E 17655), vend à Jean Aubin commissaire du Roi près de l'hôtel des monnaies de Bayonne l'ensemble de la propriété
          1°) Maison principale de Nanot contenance de 3ha 75a 70ca
          2°) La métairie de Nanot 5ha 70a 97ca
          3°) La métairie de Petit Nanot 4ha 62a 9ca
          4°) La métairie du Duc avec sa fontaine 5ha 69a 61ca
          5°) La métairie du Berger 4ha 44a 7ca
          6°) La métairie du Petit Lartigue 2ha 18a 78ca
La vente est convenue moyennant le prix de 15000 francs

Le 26/3/1838 la propriété est mise en vente aux enchères chez Gassané notaire à Saint Esprit
" Jean Baptiste Aubin capitaine au long cours domicilié à Bayonne, faisant pour Joseph Aubin commissaire du Roi près l'Hôtel des monnaies de la ville de Bayonne. Lequel nous a dit que Mr Joseph Aubin son père, désirant vendre volontairement aux enchères publiques le domaine appelé Nanot, avec toutes ses appartenances et dépendances qu'il possède au Boucau, a fait annoncer cette vente par des affiches apposées aux lieux accoutumés, à Bayonne, St Esprit et Tarnos pour le 5 avril prochain"  (AD 64 3 E 17723)
Désignation des biens:
1°) Métairie appelée Grand Nanot, maison de métayer, le sol, la cour et les décombres de la maison principale ; jardin potager ; bois de haute futaye ; bois taillis situé au lieu appelé Duc ; terres labourables au camp du Duc ; Pignadas à prendre sur la pièce n°10 à Pichepaou.
La mise à prix est fixée à 6210 francs. Ce lot appelé Grand Nanot ou Lissonde est acquis par Bertrand Pambrun moyennant 5750 francs. (en bleu foncé sur la carte)
2°) Métairie du Petit Nanot, maison de métayer et cour avec le sol qu'elle occupe ; un jardin potager ; terres labourables ; pignadas.
La mise à prix est de 1493 francs. Ce lot est acquis par Rose Peres pour 3000 francs. (en jaune sur la carte)
3°) Métairie du Duc maison de métayer ; jardin avec une fontaine et un lavoir ; terre labourable ; vigne ; échalassière à Lissonde ; taillis ; pignadas. 
La mise à prix est de 5514 francs. Ce lot est adjugé à Jean Baptiste Saudusse et Dominique Lavergnie en commun pour leurs enfants respectifs Jean Baptiste Saudusse et Saubade Lavergnie. (en rouge sur la carte)
4°) Métairie appelée Berger maison métayer avec cour ; jardin ; terre labourable ; Pignadas ; terre labourable.
La mise à prix est de 4053 francs. Ce lot est vendu en faveur de Bertrand Touyaa de Saint Esprit pour la somme de 4300 francs en bleu sur la carte)
5°) Métairie du Petit Lartigue ; maison de métayer avec cour ; terre labourable ; pâturage ; bois.
La mise à prix est de 2211 francs. La métairie est acquise par Josèphe Mirambeau veuve Thomas pour la somme de 2300 francs. (n'est pas représenté sur la carte)

Sources:
AD 40: Hypothèques de Dax ; cadastre de Tarnos ; BMS et NMD de Tarnos
AD 64, minutier des notaires de Bayonne et de Saint-Esprit ; Registres paroissiaux de la cathédrale Sainte Marie de Bayonne.

vendredi 15 novembre 2019

M comme monument agenouilloir


Monument agenouilloir

Sous l'ancien régime avant le développement des cimetières à l'extérieur des églises, les tombes des maisons principales de la paroisse occupaient la nef de l'église, la place de chacune d'elles servant d'agenouilloir aux représentants actuels de la maison.
A Tarnos chaque maison possédait des droits d'église et droits de sépultures, ses droits étaient vendus avec la maison. Ainsi le 18/10/1760 (Cassébé notaire à St Martin de Seignanx AD 40 3 E 40 liasse 2) Jacques Bisbau en vendant son bien de Larribau, situé au quartier de Boucau, en faveur des frères Bitille, vend en même temps:
«  ….ensemble tous droits d'honneurs à l'église, le droit de sépulture sur le cimetière, appartenances et dépendances … »

Eglise Tarnos fresque du 15ème siècle
Par contre dans l'acte de vente du 25/6/1730 retenu par Cassolet (AD 64 3 E 4640) Marie Lesbouyrie en vendant à Paul Gauget la maison de Joanichon lui vend également
« …et aussi les droits d'église et de sépulture qui peuvent en dépendre »
Mais on va voir que les monuments agenouilloir peuvent être également vendus à part ainsi le 10/12/1764, devant Cassébé notaire à Saint Martin de Seignanx (AD 40 3 E 40 liasse 2) Jean Bernettes vend, moyennant 48 livres en faveur de Melle Marie Marguerite Laclède
« … deux monuments et droits de sépulture et d'agenouilloir dans l'église de cette paroisse chacun d'une longueur de 6 pieds et ayant 4 pieds de largeur … »
On nous indique également la position des monuments dans l'église.
« Confrontant levant à banc de Monsieur de Hureaux, nord à autre monument dépendant du susdit héritage de Bernettes, couchant au pilier qui soutient la chaire, midi à la grand nef et autres agenouilloirs … »
Le 11/2/1776 devant Forgues, notaire à Saint Esprit (AD 64 3 E 4577) c'est la vente d'un monument agenouilloir par Françoise de Pons et François Barroumes, mère et fils en faveur de Jean Duthil


« A comparu Françoise de Pons veuve de Jean Barroumes et François Barroumes charpentier de maison, mère et fils, maitresse de la maison de Lavigne, lesquels ont quitté, cédé et delaissé en faveur de Jean Duthil de Lapierre à Tarnos savoir est un monument agenouilloir qui est dans l'église de ladite paroisse… »
La vente est faite moyennant 70 livres. Sa position dans l'église est la suivante
« … levant à monument du sieur Lacoste, midi à celui du sieur Sallenave pilote, couchant à celui de Grazincau et nord à celui d'Anelongue … »


Les dénominations de Grazincau et d’Anelongue correspondent à des noms de maison.
Un édit de 1776 a interdit, pour des raisons de salubrité, les inhumations dans les églises.

Sources 
Archives perszonnelles, AD 64 en ligne minutier de Saint-Esprit, AD 40 notaires de Saint Martin de Seignanx

jeudi 14 novembre 2019

L comme Lignager


Lignager

Je vais vous parler du retrait lignager. Sous l'ancien régime, c'était un droit qui permettait aux membres d'un lignage (au sens des membres de la famille élargie) de retirer, c’est-à-dire de reprendre un bien qui avait l'objet d'une vente, par un membre d'un autre lignage, en remboursant l'acquéreur du prix d'achat.
Ainsi le bien de Herling situé à Tarnos, quartier du Boucau a été l'objet d'un retrait lignager.
Herling sur le cadastre du 19ème siècle

Tout commence par le testament de Jean Cave, maître de Herling, retenu par Cassolet (notaire à Saint Esprit) le 8/10/1764 (AD 64 3 E 4672), il fait de Marie Peres, son épouse, son héritière, il est décédé le 10/10/1764, âgé de 45 ans.
Le 17/3/1770 (devant Forgues notaire à Saint-Esprit AD 64 3 E 4571) Marie Peres vend le bien de Herling en faveur de Laurent Lacouture et Jean Bascazaux, beau-père et gendre, maîtres de Montestrucq.
Le 9/1/1771 Marie Moyrie épouse de Jean Latsague d'Anglet rachète le bien par retrait lignager
« … Marie Moyrie est cousine germaine de ladite Peres et en cette qualité et par la renonciation de Jean Moyrie son frère, plus proche lignagère ayant appris cette vente elle aurait fait notifier auxdits Bascazaux et Lacouture de délaisser à ladite Moyrie par droit de retrait lignager conforme à la coutume de Dax ladite maison et bien de Herlin … » ( AD 64 Forgues 3 E 4572)

Le 6/11/1781 devant Cassolet Jean Latsague maître meunier et Marie Moyrie conjoints de Biarritz
« ont vendu en faveur de Jacques Duboy maitre charpentier de Tarnos, quartier de Boucau, la maison et héritage de Herlin consistant en une maisonnette, grange, une cour et un four, terres labourables, un devantieu …
Tous droits d'entrée, issues, servitudes, droits d'agenouilloir dans l'église et droit de sépulture dans le cimetière… » (AD 64 Cassolet 3 E 4680)
Le prix de vente est de 1460 livres

Ironie de l'histoire,  le nouveau propriétaire loue le même jour (devant le même notaire) en faveur d'Etienne Cave le bien de Herlin.
Etienne Cave est le fils de Jean Cave et de Marie Peres
« Bail afferme de l'héritage de herlin par Jacques Duboy en faveur d'Etienne Cave. Ferme pour 9 années à compter du 11 courant. A charge pour le fermier d'en payer les impositions à l'exception du vingtième qui sera supporté par ledit Duboy. Laquelle ferme est faite moyennant le prix et somme de 60 livres pour chacune des années. Le fermier payera audit Duboy le jour et fête de Saint Martin terme échu… » (AD 64 Cassolet 3 E 4680)

mercredi 13 novembre 2019

K la série des archives départementales


K

Cette lettre pose toujours un problème, je vais donc parler de la série K. C'est dans cette série que l'on retrouve les collections imprimées du bulletin des lois, moniteur et journal officiel, recueil des actes administratifs de la Préfecture, arrêtés du Préfet, conseil de préfecture.
Plusieurs de ces documents m'ont permis de retracer le vote de la loi créant la commune de Boucau

Le 1er juin 1857, promulgation de la loi créant la commune de Boucau
« Napoléon par la grâce de Dieu et la volonté nationale Empereur des Françaix, à tous et à présent et à venir salut
Le corps législatif a adopté le projet de loi dont la teneur suit:
….
Article 2
Les sections de Boucau et de Romatet sont distraites de la commune de Tarnos, canton de Saint Esprit, département des Landes et réunis à l'arrondissement de Bayonne (Basses Pyrénées). Ces deux sections formeront sous le nom de Boucau, une commune distincte, dont le chef-lieu est fixé à Boucau »


Voyons la genèse de cette loi

Le 20/4/1857 la commission chargée de la réunion de Saint Esprit à Bayonne et de la création de la commune de Boucau, est constituée. Elle comprend en plus deux députés landais: François de Marrast (1799-1880) et Charles Emile Corta, d'autres députés, Raymond-Henri Noubel député du Lot et Garonne, (1852-1870) ; Justin Durand député des Pyrénées Orientales, (1852-1870) ; Charles Henri Roulleaux-Dugage, député de l’Hérault, (1852-1870) ; Pierre dit Paul-Auguste Roques-Salvaza député de l’Aude (1852-1870) et Jacques Edouard Reveil, maire de Lyon et député du Rhône (1852-1863).
Le président de la commission est Mr. Réveil et son secrétaire est Mr. Noubel, le rapporteur est Charles Henri Roulleaux-Dugage. La commission va se réunir plusieurs fois : les 20, 24, 25, 30 avril  et le 4 mai 1857.
Le Corps Législatif sous la présidence d’Eugène Schneider (industriel et fondateur de la dynastie Schneider 1805-1876) se réunit pour délibérer dans sa séance du 9 mai 1857

Charles Corta intervient pour contester le projet qui selon lui :
Charles Corta (site de la chambre des députés)

Dépouille le plus pauvre pour favoriser le plus riche.
Retranche au département sa ville la plus importante et la moitié d’une commune qui a aussi une certaine importance.
Supprime une ligne séparatrice naturelle : le fleuve pour la      remplacer par une ligne tracée au milieu des terres.
Enlève au département des Landes deux gares de chemin de fer.
Retire au département la moitié du port de mer et le port de        terre en entier
Il termine en disant de quelle manière il lui semble que l’on aurait pu créer un département nouveau, si la nécessité d’un remaniement territorial avait été reconnue, et il dit que ce département aurait dû avoir Bayonne pour chef-lieu.

Charles Henri Roulleaux-Dugage rapporteur intervient à son tour :

La commission a consacré à l’étude de ce projet 5 ou 6  séances et les deux députés des Landes, qui étaient au  nombre de ses membres, ont disputé le terrain pied à pied.       
La ville de Bayonne et celle de Saint Esprit sont une seule et même ville partagée par l’Adour.
Le port de Bayonne comprend les deux rives de l’Adour, les chantiers, les magasins de cette ville, sont pour la plupart dans la ville de Saint esprit. La commune de Saint Esprit ne peut que gagner à être dans celle de Bayonne.
Le rapporteur s’attache à prouver que la commune de Tarnos ne sera pas lésée davantage par suite de la création de la ville de Boucau, qui aura pour résultat de mettre les deux rives de l’Adour dans la même circonscription territoriale et administrative.
Le rapporteur donne un avis favorable à la loi.

Henri Roulleaux-Dugage (site de la chambre des députés)

Le corps législatif adopte par assis et levé les quatre articles dont se compose le projet de loi.
L’ensemble du projet est ensuite adopté au scrutin, à la majorité de 22 suffrages contre 7 sur 229 votants.

Le Préfet des Basses Pyrénées dans son arrêté du 18/9/1857 arrête :
« Article 1er
A partir du trente septembre courant la nouvelle commune de Boucau relèvera de l’administration du département des Basses Pyrénées. En conséquence M le Sous-Préfet de l’arrondissement de Bayonne et M le Maire de Boucau prendrons ce même jour possession directe chacun pour ce qui le concerne, des services administratifs de la nouvelle commune, à l’exception pourtant des services de l’état civil et de la police dont M le Maire de Boucau est en possession depuis le 15 de ce mois »

(Source: AD 40 le bulletin des lois et le Moniteur)

mardi 12 novembre 2019

Jurats


Challenge AZ J comme Jurats

Dans la communauté des habitants les jurats sont chargés 
« de faire la recette des deniers royaux, tant pour les tailles ordinaires dues à Sa Majesté que pour les extraordinaires s'il en arrive pendant le cours de l'année, en faire le paiement au receveur d'icelle et au surplus pour régir et gouverner les affaires de la communauté et obéir aux ordres du Roy … »
A Tarnos, le choix des jurats n'est pas laissé à l'assemblée de la communauté, la coutume de Dax est très claire
« Titre XV, nomination des jurats. Et après les années suivantes et toujours, ceux qui seront jurés en elieront des autres chacun jusqu'au nombre de 3, et par lesquels présenteront au seigneur ou Bayle qui en recevra l'un d'eux. ».
Voici d'ailleurs la nomination des jurats de Tarnos pour l'année 1765, faite par le juge de Seignanx.
« Mardi 8 janvier 1765: Ont comparu Charles Duhau et Vincent Lafourcade jurats de la présente paroisse de Tarnos, qui ont dit que leurs charges ayant pris fin, ils présentent savoir ledit Duhau pour le quartier de Boucau, Jean Bouras métayer à Nanot, Raymond métayer à Canditte et Chimay métayer à Peyret. Ledit Lafourcade pour le quartier d'Arzon Bernard Betbeder métayer à Biscardy, François métayer à Baudonne, et Jeannot métayer à Garros, requerrent qu'il soit fait choix de deux dans la présente cour pour faire la charge de jurat à leur place et les décharger purement et simplement. Sur quoi nous juge, dire les réquisitions desdits Duhau et Lafourcade, ont choisi et nommé pour faire la charge de jurat à leur place pendant la présente année 1765, savoir pour le quartier de Boucau, Jean Bouras et pour le quartier d'Arzon Bernard Betbeder, ordonnent qu'ils viendront prêter serment au cas requis pendant la prochaine audience, a quand sera fait droit sur la décharge requise Lavielle juge » (AD 40, IV B 461)
Le 15 janvier 1765 les deux jurats viennent prêter serment au tribunal
« Ont comparu Jean Bouras et Bernard Betbeder qui ont été instruit qu'ils ont été nommés la dernière séance par la présente cour pour faire la charge des jurats de la paroisse de Tarnos pendant la présente année 1765, requièrent d'être reçus pour prêter le serment au cas requis, sur quoi par nous juge a été apporté acte des corporations et réquisitions desdits Bouras et Betbeder étant entré en la Barre ils ont juré main droite et jurés et promis de bien et fidèlement s'acquitter de leur charge de jurats et n'y commettre ni vol ni fraude. » (AD 40 IV B 461)
Le 7 janvier 1766 ils présentent leurs remplaçant, Raymond Lamaignère métayer à Canditte est choisi comme jurat du quartier de Boucau pour l'année 1766, il prête serment le 21 janvier de la même année.
Au travers des registres paroissiaux et archives notariales on peut retrouver la trace de ces personnages.
Au moins en ce qui concerne Charles Duhau qui semble avoir un peu plus de notoriété. Charles Duhau, charpentier à la maison de Casteron, épouse à Tarnos le 26/2/1748 Anne Marsac. Il est décédé à Tarnos âgé de 70 ans le 20/10/1786.

Une curiosité leur contrat de mariage est retenu par Cazaumajour, notaire à Saint Martin de Seignanx le 6/3/1756 (AD 64 3 E 17348), soit huit ans après leur union, comme ils le disent dans l'acte. De leur union sont issus huit enfants.

Sources:
AD 40 : Archives judiciaires  IV B 461; Archives en ligne: BMS Tarnos
AD 64 : Archives en ligne Minutier de Saint Esprit
Archives personnelles



ZANZI-BAR

ZANZI-BAR                  Sur le bulletin municipal de 1979 on pouvait lire une publicité concernant le Taxi Tardits au « Zanzi-Bar » rue...