jeudi 12 novembre 2020

KREMER

 KREMER

 Une boucalaise m’a donné un jour un livret militaire et d’autres documents : « Ils me serviraient davantage à moi, car il ne s’agissait pas de sa famille me dit-elle».

Le livret militaire était au nom de Joseph Kremer. C’est ce document que je me propose d’exploiter. Car le travail du généalogiste c’est justement de faire parler tous ces vieux papiers.


La lecture du livret militaire m’apprend que Joseph est né à Labastide d’Armagnac (40) le 22/1/1876, de Théodore et de Françoise Antoinette Estampa. Il est boulanger. Il n’est pas grand : 1m68. Il a les yeux bruns et les cheveux châtains. Il sait lire et écrire et a obtenu le certificat d’études primaires.

En cherchant des origines de propriétés au Pôle d’Archives à Bayonne, je suis tombé sur l’adjudication d’un bien. Il s’agissait d’un immeuble appelé « Petit Donjon » (qui existe toujours) appartenant à Monsieur Cazes, industriel, qui avait fait faillite. Or justement, Le 14/9/1932 Joseph Kremer, représenté par un avoué surenchéri sur la vente. Mais finalement un autre enchérisseur emporte le bien.


La maison Petit-Donjon est située rue de Montilla à Boucau

Qui était donc ce Joseph Kremer ? Que le destin venait de me faire croiser deux fois. Il faut reconnaitre que plusieurs années se sont écoulées entre les deux évènements. Le livret matricule m’a été donné en 2000 et j’ai fait la recherche concernant cette maison en 2017.

Je pars donc à la recherche de Joseph Kremer. Son acte de naissance ne m’apprend rien. Il est le fils de Théodore Alphonse Kremer, facteur rural et de Françoise Antoinette Estampa (originaire du Val d’Aran en Espagne). Le couple divorcera à Mont de Marsan le 22/2/1896. Le matricule de Joseph m’indique qu’il a fait la guerre de 14 et qu’à la fin de celle-ci, il s’est retiré à Labastide d’Armagnac. Pas d’indication de changement de résidence il est libéré du service en 1923. La consultation des « Rapports et délibérations du Conseil Général des Landes » sur Gallica[1], m’apprend qu’il fait partie du « Jury d’expropriation » en 1925, 1930 et 1932 et qu’il vivait à Labastide d’Armagnac. On indique d’ailleurs sa profession. En 1925 il est boulanger, en 1930 et 1932 il est maire de Labastide d’Armagnac. Sur le site de la mairie je lis que Joseph Kremer a été maire de 1929 à 1935. La consultation des listes nominatives de cette ville indique les lieux de vie de Joseph, ainsi que la composition de sa famille. En 1921 il habite Rue Notre Dame et est boulanger, sa famille est composée de sa femme Rachel Kremer née à Rivière en 1873 et Françoise Claverie sa mère, née en 1855. En 1931 sa mère n’est plus sur la liste (sûrement décédée), il est sans profession. En 1936 le couple habite la même adresse.

Rue Notre Dame à Labastide d'Armagnac aujourd'hui

Sur la liste nominative de 1931 on mentionne le nom de famille de son épouse Dulos, née à Rivière en 1873, le prénom Rachel, n’est peut-être pas celui de l’état-civil. Il était coutumier au 19ème et au 20ème siècle de donner un autre prénom à un enfant. Ainsi ici Marie Marthe était appelée Rachel « en famille ». Son acte de naissance nous indique qu’elle est née à Rivière-Saas et Gourby (40) le 8/7/1873[2], fille de Jean Auguste, instituteur et de Marie Catherine Lagenos son épouse. En mention marginale nous lisons, qu’elle est décédée au Boucau le 6/2/1975 et qu’elle a épousé à Labastide Villefranche le 14/1/1908 Joseph Kremer.


En fait c’est Marie Thérèse Delos qui est la clé de l’intérêt de Joseph Kremer pour Boucau. Jean Auguste Delos et Marie Lagenos ses parents ont eu neuf enfants, dont trois filles : Marie Augusta, Marie Marthe susnommée et Anne Joséphine.

-        Marie Augusta est née à Audon (40) le 8/12/1859 et est décédée au Boucau le 7/10/1939 (maison Laboulite), elle épouse à Saint André de Signanx (40) le 30/6/1892 François Corrihons. Le couple déménage à Boucau où née leur fille Marie Marthe Corrihons le 17/2/1895, elle va épouser au Boucau le 5/4/1923 Louis Perlant. C’est la belle-fille de Louis Perlant, Madame Perlant qui m’a donné les documents.

-        Marie Marthe, on l’a vu est née à Rivière les 8/7/1873, et décédée à Boucau à plus de cent ans, le 6/3/1975. Elle a épousé Joseph Kremer. J’ignore où il est décédé, mais on peut supposer que sa veuve Marie Marthe soit venu finir ses jours (elle n’avait pas d’enfants) chez sa nièce (qui était peut-être sa filleule, elle porte le même prénom) Marie Marthe Corrihons épouse Perlant.

-        Anne Joséphine née à Rivière le 16/3/1866, décédée au Boucau le 13/10/1941 épouse de Jean Paulin Castets.

A partir du livret militaire de Joseph Kremer j’ai pu remonter sa généalogie et expliquer la présence de ce livret dans une famille boucalaise.

Descendance Delos

Sources:

AD 40 en ligne NMD Rivère-Saas-et-Gourby; Audon
Bases de GBA (Généalogie du Bas Adour
AD 64 Pôle d'Archives de Bayonne Série U Adjudications, cahier des charges


[1]  Par l’intermédiaire de Geneanet version Prestige

[2]  AD 40 en ligne NMD Rivière-Saas-et-Gourby 1833-1884 vue 1092/1209



mercredi 11 novembre 2020

Jean Petit de CASAUX

 Jean Petit de CASAUX

 C’est mon premier ancêtre patronymique connu, sosa 256. On va trouver son nom écrit sous plusieurs orthographes : Jean Petit Descasaux, quelquefois écrit des Casaux, de Casaux ou Cazaux, selon l’humeur du scribe.

Je ne connais que la date de son décès, le 16/7/1701 à Misson. L’acte est d’ailleurs très succinct, comme tous les actes de la paroisse Saint Jean de Misson à cette époque.

« Tastet … Le 16 juillet 1701 est décédé Jean des Cazaux après avoir reçu les sacrements de l’églize a été enterré le mesme jour par moy »[1]


Donc pas d’âge pour connaitre son année de naissance. Je sais qu’il vit au Tastet, la ferme où toute la famille a vécu. Mais en est-il le premier occupant ? Sûrement pas. Il existe d’autres familles Casaux, Cazaux ou Descazaux sur Misson. Chaque famille est associée au nom d’une ferme. Il existe des Cazaux : au Comte, à Plammartin, à Condomet, à Larrocq, à Prince et bien sûr au Tastet. J’ai parlé de la ferme du Tastet lors du challenge 2018[2].

Ferme du Tastet à Misson

J’ai retrouvé de nombreux actes, dans les minutes de Darrigan et de Du Fajet notaires à Habas, concernant Jean Petit Decasaux.

J’ai classé ces actes par thèmes.

Tout d’abord ceux ayant trait à sa vie sociale. Il est marguillier[3] de la paroisse Saint Jean de Misson.

Ainsi le 20/6/1691[4] il baille les fruits décimaux de la fabrique de l’église de Misson en faveur de Gratian de Capdeville maitre chirurgien.

Le 13/7/1692[5] agissant avec la même qualité il vend les fruits décimaux à Gracien de Barucq, aussi maitre chirurgien.

« … paroisse de Misson, a été présent Jean Petit decasaux habitant dudit Misson marguillier de ladite église la présente année … lequel en cette qualité a laissé à titre d’afferme en faveur de Gracien de Barucq maitre chirugien de Misson, les fruits décimaux appartenant à ladite fabrique … la présente année pour la somme de 53 livres … »


Le 26/9/1694[6] il fait réunir, par l’intermédiaire des jurats, l’assemblée paroissiale pour délibérer sur la nomination du marguillier. Le curé a changé et le nouveau accepte mal que la nomination du marguillier échappe à son pouvoir. Car « .. tous (les habitants) ont unanimement déclaré qu’ils ont depuis leurs souvenirs et savent que l’usage dans la paroisse à l’égard du marguillier est que le nouveau marguillier se nomme par celui qui sort de charge … »


Jean Petit Decasaux est un marchand d’une certaine aisance, il prête de l’argent.

Le 6/4/1696[7] « Paroisse de Habas, maison de Pinon … a été présent en sa personne Jean de Laudumiey, laboureur, habitant de Habas, lequel de son bon gré reconnait devoir à Jean Petit Decasaux au Tastet, marchand, habitant de Misson, ici présent et acceptant la somme de 72 livres… »

Le 28/5/1700[8] « … A Misson, maison du Tastet …. Présent en sa personne Arnaud de Mirande, laboureur, habitant de Pouillon, lequel de son gré reconnait devoir légitimement à Jean Petit Decasaux, marchand, habitant dudit Misson la somme de 42 livres pour reste de vente d’une paire de bœufs aratoires … »


Le 7/11/1700[9] «  … Avant midi à Habas, maison du Baron … a été présent Jean de Bucau dit Barrere de Misson, lequel de son bon gré reconnait et déclare devoir légitimement à Jean Petit Decasaux au Tastet, marchand, habitant de Misson … la somme de 52 livres a luy prêtée avant ces présentes … »

Il met en pension des brebis chez Pierre de Saubot, par acte du 15/6/1687[10], c’est une gazaille.

« … Avant midi, paroisse de Misson, maison de Minicq … présent en sa personne Pierre de Saubot, laboureur, habitant de Misson, lequel déclare par ces présentes avoir en sa puissance et tenir à gazaille 11 têtes de brebis …. Des mains de Jean Petit Decasaux dit du Tastet, marchand habitant dudit Misson au capital de 25 livres 10 sols et la présente gazaille est faite pour cinq années… »

Jean Petit Decasaux agrandit le bien de Tastet en achetant des terres. Ainsi le 20/2/1693[11] il acquiert deux arpents de terre de Pierre de Bellocq. Le 23/5/1696[12] il achète deux pièces de vignes situées dans l’héritage de Lacoste (c’est à côté du Tastet) de Jean de Dailhencq. Le 12/6/1699 il achète de Pierre de Bellocq « 4 journaux de terre et tout autant qu’il s’en trouvera, ladite terre située à Misson héritage de Lacoste, féodale du seigneur de Labatut… »[13]

Je n’ai pas trouvé son testament, mais j’ai celui de son épouse Françoise de Lafargue, retenu par Du Fajet[14] le 11/10/1700. Il m’a permis de connaître le nom des enfants survivants. 

Françoise de Lafargue est décédée à Misson le 16/10/1700[15].


Voici les enfants issus de cette union

1°) Agnette de Casaux, née à Misson en 1672, elle y est décédée le 27/5/1692 à l’âge de 20 ans.

2°) Jean de Cazaux (sosa 128) né à Misson vers 1676, il y est décédé le 22/6/1729

Il a épousé à Misson le 16/2/1694 Catherine Lanusse (sosa 129) d’où dix enfants

3°) Arnaud de Cazaux décédé à Misson le 19/10/1700, trois jours après sa mère. Il est d’ailleurs couché sur son testament.

4°) Jeanne de Cazaux dont j’ignore les dates de naissance et de décès. Je la connais parce qu’elle est mentionnée sur le testament de sa mère. Elle épouse à Misson le 4/1/1702 Arnaud Badets. Ce que confirme son contrat de mariage retenu par Du Fajet notaire à Habas, le 31/1/1702[16]

« … Arnaud de Badets, laboureur assisté de Bertrand de Badets son père, assisté d’Anne de Camiade sa mère, François de Badets marchand son cousin germain … et Jeanne de Cazaux, fille des feux Jean Petit de Cazaux et de Françoise de Lafargue, assistée de Jean de Cazaux demeurant au Comte son cousin et aussi son parrain… Ils ont solennisé leur union à Misson le de ce mois … »

De cette union vient la descendance Badets.

5°) Anne de Cazaux citée dans le testament de sa mère, je n’ai rien trouvé sur elle.

Dans cet article on découvre, ce qui n’est plus à démontrer, l’importance des archives notariales pour dresser la vie d’un ancêtre, d’une famille. Je me dis quelquefois pourquoi ne pas l’écrire et le publier dans un rendez-vous ancestral. Peut-être un jour, qui sait !!!



[1]  AD 40 en ligne BMS 1701 Misson vue 6

[2]  https://attrapememoire.blogspot.com/2018/11/t-comme-tastet.html

[3]  Le marguillier est un laïque nommé ou élu parmi les personnes honorables d'une paroisse. Il est chargé de gérer le patrimoine d'une fabrique (assemblée chargée de l'administration temporelle de l'église paroissiale). Le mot de marguillier vient du latin "matricularius" qui signifie "qui tient un registre". Il est également appelé fabricien ou fabricier.

[4] AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 96

[5] AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 97

[6] AD 40 Darrigan notaire 3 56 liasse 99

[7]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 101

[8]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 105

[9]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 105

[10]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 92

[11]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 98

[12]  AD 40 Darrigan notaire 3 E 56 liasse 101

[13]  AD 40 Dufajet notaire 3 E 56 liasse 228

[14]  AD 40 Dufajet notaire 3 E 56 liasse 229

[15]  AD 40 en ligne BMS Misson 1700 vue 55

[16] AD 40 Du Fajet notaire 3 E 56 liasse 231

mardi 10 novembre 2020

INTERVIEW

 Interview

 Entrevue en français, mais comme interview « colle » avec la lettre « i »…

« Une interview est une entrevue au cours de laquelle un journaliste interroge une personne dans l’intention de publier une relation de l’entretien », nous dit le Larousse. Je ne suis pas journaliste, mais pour enquêter sur l’histoire de ma ville : Boucau, j’ai pris mon dictaphone et je suis allé rencontrer des « vieux boucalais » pour recueillir leurs témoignages.

J’ai fait le choix de vous parler d’une entrevue que j’ai eu en 1995 avec Monsieur Rosolin (peintre). Cette interview m’a permis d’enquêter sur l’Apollo[1], la salle de cinéma emblématique de Boucau. Mais aussi sur un aspect méconnue du cinéma d’avant-guerre et d’après-guerre : les peintres d’affiches de cinéma.

Monsieur Rosolin m’a parlé de sa jeunesse et de son apprentissage de peintre qu’il a fait chez monsieur Ziko et des décors qu’il a peint avec lui à l’Apollo et dans d’autres cinémas de la Côte Basque.

Extrait de mon livre Boucau et Tarnos en images Alan Sutton 2002

Monsieur Rosolin :
« J’ai connu Ziko quand je suis allé apprendre chez lui, j’étais apprenti…»
« Les premiers décors que j’ai fait c’était pour Mr Darrière[2], pour les soirées de prisonniers. J’avais fait tout l’embarquement près de Dunkerque dans une petite ville. J’ai fait toute la plage avec les déchets et puis de l’autre côté j’ai fait les prisonniers derrière les fils barbelés » 
Tout cela sur deux grands panneaux disposés à droite et à gauche de la scène.
« Et après avec Ziko on a fait tout le fond, il y avait tout un galop avec des chevaux, des têtes de chevaux, c’était magnifique » me dit-il.
Il m’explique ensuite que Ziko était le peintre des panneaux de cinéma, car à l’époque, on installait de vrais décors en bois pour chaque film sur la façade des cinémas.
« On faisait les panneaux de cinéma à l’extérieur, au théâtre de Bayonne pour Robin des Bois, par exemple il y avait Errol Flyn en grand dessiné …. Je faisais toutes les têtes au pistolet à bouche, et on arrivait à faire des têtes d’une ressemblance formidable. J’ai appris avec lui, il fallait avoir le coup et le dessin … Ziko le faisait à Biarritz : au Colisée, au Lutetia et au Royal, il faisait également tous les décors du Casino … »
Je lui posais la question : C’était quoi ce pistolet à bouche
« C’était un godet qui était fourni avec un tuyau, ce tuyau descendait dans le godet et par l’autre bout on soufflait car il y avait un petit trou dans le tuyau pour disperser la peinture comme un petit pistolet…. Il fallait avoir de la gorge… »
« … moi le dernier décor auquel j’ai participé c’était « L’aigle à deux têtes » avec Edwige Feuillère et Jean Marais… »

Dimitri Ziko à la fin de sa vie

En cherchant j’ai trouvé que Dimitri ZIKO était né à Tirana en Albanie vers 1904 et qu’il était mort à Biarritz le 19/4/1955, âgé de 51 ans. Dans un article de journal la Gazette de Biarritz, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz on apprend qu’il était chef décorateur de la société des cinémas de la Côte Basque.

 Sources:

Entrevue avec Mr Rossolin en août 1995

Journaux : Gazette de Biarritz, Bayonne et St Jean de Luz (18/6/1938)
Internet : Article sur Dimiti Ziko dans le site du Albanian Canadian Portal (article en albanais)

 



[1] Le complexe Paul Vaillant Couturier a été inauguré en 1938, il était composé d’une salle de cinéma spectacle, d’une salle des fêtes et d’une bibliothèque. Le cinéma fut baptisé « Apollo » par son premier gérant Mr Dorfman, c’est pour cela que le complexe a gardé, pour la population, le nom d’Apollo.

[2]  Ferdinand Darrière, instituteur à l’école des garçons de Tarnos-Forges est connu pour avoir créé à Boucau en 1937 une chorale : « Les chanteurs de l’Adour », mais aussi d’avoir réalisé sur la scène de l’Apollo,  deux revues boucalaises. En 1936 « Bonjour Boucau » et en 1949 « Toujours Boucau ».

lundi 9 novembre 2020

HOURRES

 HOURRES

 Des frères qui n’avaient pas le même nom

Dans mon ascendance on trouve le patronyme HOURRES qui est orthographié au fil du temps de diverses façons : HORES, HOURES, HORRES, HOURRES etc …

Geneanet m'a permis m’a permis de retrouver une famille HOURES, HORES en Charente maritime. (1)  Il faut savoir que le berceau de la famille c’est la Gascogne et en particulier les riants coteaux du Gers. Dans les registres paroissiaux du Gers le nom est orthographié : HORES, ce n’est qu’au fil du temps (et des scribes) qu’il a évolué.

Geneanet et Filae m’apprennent qu’un HORES s’est marié à Montpellier. Je consulte le mariage sur Filae

Etienne Maximin HORES, né à Tarsac (32) le 14/5/1875, employé de chemin de fer à Sète, est le fils de Pierre HORES et de Joséphine CLAVERIE. Il épouse à Montpellier (34) le 22/5/1901 Nancy Zélie Armance PUEL, née à Saint Chely du Tarn (48) le 25/6/1866, fille d’Antoine et d’Ernestine JULIER.

Ils vont avoir une fille Marie Magdeleine Renée HORES née à Sète le 2/8/1902 (pas de mentions sur l’acte, mais c’est la collection du greffe). Sur Généanet je retrouve son décès (décès de l’INSEE en ligne) à Nîmes le 4/6/1993.

La consultation du matricule en ligne de Etienne Maximin m’apprend qu’étant employé aux chemins de fer il est affecté spécial, il n’a pas fait la guerre de 1914-1918 au front. Son matricule est assez lacunaire au niveau de ses différents domiciles.


Mais reste à résoudre la question de l’appartenance d’Etienne Maximin HORES à ma famille. Son acte de naissance ne m’apprend rien de plus.

Je me tourne donc vers les listes nominatives de Tarsac, en ligne sur le site des AD 32. Et là au recensement de 1876, surprise, la famille habite bien Tarsac, mais elle s’appelle HAURE et non plus HORES. J’y apprends que Pierre HAURE (HORES) est scieur de long, et qu’il est originaire du département des Hautes-Pyrénées.


Je décide de chercher son acte de mariage à Tarsac, dans un premier temps, la recherche étant négative je consulte les publications de mariage et là le 17/5/1874 Pierre HAURE scieur de long âgé de 33 ans, originaire de Seron (65) habitant de Tarsac fait publier les bans de son futur mariage avec Joséphine CLAVERIE née et résidant à Riscle (32).


Une recherche dans les registres de Riscle me permet de retrouver leur mariage.

Pierre HAURE scieur de long, né à Seron (65) le 3/8/1840, fils de Jean HAURE et de Marie CAPDEVIELLE épouse le 1/6/1874 Joséphine CLAVERIE née à Riscle (32) le 7/10/1851, fille d’Etienne et de Marguerite SAINT-MARTIN.

Voilà l’énigme résolue,  l’orthographe du patronyme est HAURE, et non HORES. Etienne Maximin ne fait pas partie de ma famille. Mais, légalement, l’orthographe du nom d’Etienne Maximin est bien HORES comme indiqué sur son acte de naissance. Sa descendance a gardé cette orthographe.

J’ai essayé d’en savoir un peu plus sur cette famille HAURE. J’ai donc recherché leur trace sur les listes nominatives de Tarsac de 1881 à 1906.

En 1881 la famille n’est plus à Tarsac, elle y revient en 1886, avec un enfant supplémentaire, René ; en 1891 elle vit à Tarsac, tout comme en 1901 et 1906.


Je cherche donc la naissance du deuxième fils René à Tarsac vers 1885 suivant son âge sur la liste de 1886. La recherche est négative. Où est parti le couple en 1876 et 1886 ? Dans quel village ?

Je recherche la fiche matricule de René HAURE ou HORES. Les archives du Gers ont entièrement indexé les conscrits, il suffit donc de taper le nom sur le moteur de recherche.

Le registre matricule m’apprend que Bernard Jean Marie René HAURE est né à Izotges (32) et que lui aussi va être cheminot.


Je cherche son acte de naissance et la mention marginale m’apprend qu’il s’est marié le 2/12/1923 à Tarsac (32) avec Marie SAINT GUILHEM.

Donc, il y a bien deux frères issus du même couple de parents, mais portant deux noms différents.

Il faut toujours faire preuve de perspicacité quand on fait de la généalogie.

(1) Voir mon article sur cette famille dans le ChallengeAZ 2018 

https://attrapememoire.blogspot.com/2018/11/h-comme-hourres.html

Sources:

AD 32 en ligne: Listes nominatives de Tarsac 1876, 1881, 1886, 1891, 1906 ; Etat civil de Tarsac, Izotges, Riscle ; registres matricules militaires en ligne

AD 34 en ligne: Etat civil de Montpellier et Sète

samedi 7 novembre 2020

GUILHOU

 

Au début du 17ème siècle le bois Guilhou et l’héritage de Mousserolle ne forment qu’une seule et même propriété qui appartient à la famille de Laclau et est connue sous le nom de Mousserolle.

Le premier propriétaire connu de Laclau est Pierre de Laclau, chanoine de la Cathédrale de Bayonne, connu pour ses démêlées avec Monseigneur Raimond de Montaigne[1] Evêque de Bayonne Pierre de Laclau avait hérité d'un bien

« communément appelé Mousserolle, situé en la paroisse de Tarnos, au quartier d'Ite» de Jeanne de Bellegarde sa cousine germaine. « Cet héritage d'un seul tenant dont les fruits ont un droit particulier et privilégié pour 1'entrée dans la ville de Bayonne ».

Pierre de Laclau dans son testament daté du 16 Mars 1664, retenu par Harran notaire à Bayonne lègue la propriété à Denis de Laclau son neveu. 

Quelques jours plus tard le 24 mars, Pierre de Laclau meurt à 1' âge de 84 ans. Il sera enterré dans le caveau des Laclau situé dans le cloître de la cathédrale. Denis de Laclau vend la propriété en faveur de François de Lacourtaudière, par acte au rapport de Monho, notaire à Bayonne le 7/5/1722. Grace à cet acte on connait les confrontations de la propriété :

« Confrontant du levant à terres de 1'héritage de Prisse, appartenant à Monsieur de Bédorède et à l'héritage de Loustau appartenant à Monsieur Dubroc, du couchant aux terres et padouans de plusieurs voisins dudit héritage de Mousserolle et à la rivière de 1’Adour, du nord à un héritage appartenant audit sieur Dubrocq et à un autre héritage appelé du Basta et à terres et padouans tant dudit sieur Dubrocq, qu'à terres du maître de Grazincau et au chemin public, du midi au moulin d'Esbouc et à terres et padouans du même moulin ».  

François de Lacourtaudière le nouveau propriétaire faisait partie d'une famille dont les membres furent commissaires ordonnateurs de la marine à Bayonne, pendant plus de cent ans.

C’est son fils François de Lacourtaudière qui vendra la propriété de Mousserolle le 5/3/1806, devant Dhiriart notaire à Batyonne en faveur de la famille Suares, marchands de Saint-Esprit

« .. Sieur François lacourtaudière , ancien commissaire général de la marine lequel a volontairement vendu, cédé, quitté, aliéné... en faveur de Monsieur Daniel de Jacob Suares marchand, Gabriel de Jacob Suares commis négociant Benjamin de Jacob Suares aussi commis négociant et demoiselle Esther de Jacob Suares, frères et soeur habitants et domiciliés en la commune de Saint Esprit, le domaine de Laclau ou Mousserolle, avec la métairie ».

Après plusieurs ventes la propriété va être achetée, par acte retenu par Maître Cavé-Esgaris notaire à Bayonne le 29/6/1874, par Monsieur Ernest Guilhou sans profession, demeurant à Mieres del Camino dans la province des Asturies en Espagne.


Il est le fils de Numa Guilhou, célèbre homme d'affaires et banquier du Second Empire, qui possède en Espagne des mines et une sidérurgique à Mieres del Camino, et de Anne Zélie Singher.

Ernest Guilhou
Ernest Guilhou était membre du conseil de fabrique de l’église du Boucau. Il participa à la vie boucalaise en étant un conseiller municipal. C’était un homme très riche. En plus de posséder une écurie de courses, il possédait une collection de tableaux de maitre et d’objets précieux, le tout assuré pour une valeur de 500000 francs or. C’est lui qui a magnifié le château de Guilhou et surtout organisé le domaine en un véritable jardin, parsemé d’arbres aux essences rares.

Il est décédé à Paris, 55 avenue Marceau, le 18/4/1911. Les funérailles, à Boucau, furent à la hauteur du personnage, en voici le compte rendu publié dans le Courrier de Bayonne du 24/4/1911

« Les obsèques ont eu lieu samedi matin à 10 heures au milieu d’une très nombreuse affluence. L'immense parc du château de Laclau, résidence de Monsieur Guilhou, était rempli d’amis et de personnes venues de toute la région assister à ses obsèques. Un corbillard des plus luxueux contenait les nombreuses couronnes offertes il avait été attelé à la daumont[2], les nombreux cordons de poêle[3] étaient tenus par Monsieur Dumontel maire du Boucau, Labrouche maire de Tarnos les membres du conseil municipal dont le défunt faisait partie, par les membres des diverses sociétés. Les décorations très nombreuses dont Monsieur Guilhou était titulaire étaient portées par un valet de pied sur un coussin de velours.  La famille assistait aux obsèques. On a remarqué la présence du capitaine et des officiers du détachement des dragons du Boucau. »

Ses deux filles Jacqueline et Marta vont épouser des grands d’Espagne. Jacqueline, Pedro Pidal marquis de Villaviciosa et Marta, Manuel Loring comte de Mieres.

Les ruines du château
Malheureusement le château fut détruit par un incendie la nuit du 20 juin 1932. Il y a quelques années on pouvait encore apercevoir les ruines de cette maison de maître.

Heureusement il reste le magnifique parc et la zone humide. C’est un véritable havre de paix au milieu de la cité et son poumon vert. Acheté par le département en 1986 les ruines, qui étaient dangereuses, furent rasées.

En lisant l’historique on comprend mieux l’évolution du nom qui de Laclau, nom des anciens propriétaires, est passé à Guilhou les propriétaires au 19ème et 20ème siècle.

Si vous passez par Boucau, n’hésitez pas venez visiter le Bois Guilhou.

Vous pouvez également prendre contact avec l'association  "Les amis du Bois Guilhou" 1, avenue Jules Ferry, 64340, BOUCAU Mail : amisboisguilhou@gmail.com                   sur Facebook  @boisguilhou

 Sources:

Archives de Bayonne, Minutier des notaires des PA en ligne (Harran, Monho, Dhiriart, Cavé-Esgaris), Courrier de Bayonne 1911 et 1932 consultés à la Médiathèque de Bayonne, Archives personnelles.


 [1]  Il est de la famille de Michel de Montaigne. Pierre de Laclau l’avait insulté et molesté pour une question de préséance entre le chapitre et l’évêque, pour cela il fut excommunié le 5/8/1636.

[2] à la manière du duc d ' Aumont se dit d'un attelage de quatre chevaux attelés sans volée et conduit par deux postillons

[3] (drap noir ou violet blanc pour les enfants dont on couvre le cercueil et dont certaines personnes tiennent les cordons pendant la marche du cortège funèbre)

ZANZI-BAR

ZANZI-BAR                  Sur le bulletin municipal de 1979 on pouvait lire une publicité concernant le Taxi Tardits au « Zanzi-Bar » rue...