vendredi 6 novembre 2020

FIGAS ou FIGUES

 Challenge AZ 2020

 

Lettre F : FIGAS ou FIGUES

 J’ai eu un problème avec l’orthographe de ce nom, lorsqu’en 1982 j’ai reçu l’acte de mariage du 25 fructidor an 12 (12/9/1804), entre Lucas FIGAR et Marie ROUX, sosa 94 et 95, je débutais en généalogie et j’ai lu FIGAR. Comme il s’agissait d’un Polonais cela me semblait plus adéquat. En y regardant de plus près on lit comme vous pouvez le constater Lucas Figas (le (s) de Lucas correspond au (s) de Figas)

Ce qui est corroboré un peu plus bas dans l’acte

«  (…) constatant que ledit Lucas Figas est âgé de trente-deux ans (…) »

Le nom s’est transformé au fil du temps. Il faut dire qu’à Nérac il existe un patronyme FIGUES et c’est ainsi que le nom a évolué.

A l’occasion de la naissance de son fils aîné Jean, le 11 Thermidor an 13 (31/7/1805), peu de temps après le mariage, il est dénommé Lucas FIGUES. Au mariage de Jean à Nérac le 6/9/1826 il est appelé Jean Lucas FIGUES.

A la naissance de Suzanne le 9/8/1808 il est également dénommé FIGUES.

Désormais la famille s’appellera FIGUES

Mais revenons sur l’acte de mariage de Lucas FIGAS et de Marie ROUX. Il est précisé dans l’acte :

« (…) s'est présenté le nommé Lucas Figas, fils naturel et legitime de martin figas et de marie capulouna mariés, originaire de de Zamowiche en Galicie, et depuis environ sept ans domicilié de la ville de Nérac (…) »

Lucas doit fournir son acte de naissance pour se marier, or il ne peut, il doit donc s’adresser au tribunal pour obtenir certificat de notoriété faisant office d’acte de naissance, pas comme il l’explique :



« (…) l'exposant vu l’impossibilité où il se trouve de se procurer ledit acte de naissance qu’on exige de lui par le grand éloignement où il est de son pays natal nous prie et requiert de vouloir bien suppléer audit acte par l’enquête de sept témoins, qu’il va produire conformément aux lois de la République (…) »

Les témoins sont : Bernard DUFFAU journalier, Joseph DEYRE tisserand, Jean CLAUSET journalier, Jean GARAS tonnelier, Jean Nicolas CAMPUNAU secrétaire de mairie, François HENZA, natif de Brener en Moravie et Blaise VOLONGE natif de Varsovie en Pologne. Ils sont tous majeurs.

Il y a discussion sur son âge :

« (…) Ledit Figas était âgé de 25 ans quand il est arrivé dans cette commune (...) domicilié depuis sept ans dans ladite commune il doit être âgé maintenant de 32 ans, que d’ailleurs il parait d’une manière évidente par l’inspection du requérant que réellement il a atteint plus que l’âge de la majorité (…) »

Lucas FIGUES est décédé à Nérac (47) quartier du Petit Nérac, âgé de 50 ans le 20/5/1821.

Marie ROUX son épouse, fille de Gabriel et de Madeleine LACAZE est née à Nérac le 30/9/1780, elle y est décédée, rue Sederie, le 27/11/1860.

Le couple aura trois enfants :

1.     Jean FIGUES, cordonnier, né à Nérac quartier petit Nérac, le 31/7/1805, il y est décédé rue Saint Férreol le 19/1/1879.

Il avait épousé à Nérac le 6/9/1826 Antoinette SAHUC, d’où descendance

2.     Suzanne FIGUES (sosa 47) née à Nérac, quartier Petit Nérac, le 9/8/1808, elle est décédée étant aubergiste, le 9/7/1869 à Nérac, rue Sederie

Elle avait épousé à Nérac le 23/6/1828 Pierre CAVALIE (sosa 46) d’où ma descendance.

3.     Suzanne FIGUES née à Nérac, quartier petit Nérac, le 23/6/1828, j’ignore sa destinée.

 


Je me suis intéressé au lieu de naissance de Lucas FIGAS : Zamowiche. En cherchant sur le net j’ai trouvé un article évoquant la reconstruction de la synagogue de Zamowiche. Dans les commentaires un internaute avait noté qu’en réalité il s’agissait de la ville de Zamosc.



Zamosc est situé dans la région de Lublin en Pologne orientale, pas très loin de l’Ukraine. C’est une ville de 63000 habitants avec une agglomération de 140000 habitants. D’après les photos c’est une très belle cité avec des bâtiments datant de la Renaissance.

Cathédrale de Zamosc


Mais tout cela reste une hypothèse, car sur l’acte de mariage il est précisé que Zamovitche est en Galicie, or Zamosc n’y est pas, donc à voir. Il faut encore chercher et démêler le vrai du faux

 

jeudi 5 novembre 2020

EGLISE

 Challenge AZ

E comme Eglise

 Boucau, commune créée en 1857 à la particularité, en si peu de temps, d’avoir eu deux église.

En 1857 il n’y a aucun bâtiment officiel : pas d’école, pas de mairie, pas d’église et pas de cimetière. Tout est à faire. Les réunions du conseil municipal se tiennent chez le maire (Pierre Lacouture) à la maison Cantine (maison du docteur Doit). On a loué une maison pour servir d’école. Les premières messes sont célébrées dans la chapelle de monsieur Laborde (maison Majesté sur la place Sémard). Les enterrements se font toujours à Tarnos.

Loterie pour la construction d'une église à Boucau

En 1864 une opportunité se présente, racheter l’église en bois d’Ustaritz. Le sous-préfet indique dans une lettre du 30/6/1864 :

« (…) d’une occasion qui se présente pour l’acquisition de matériaux propres à la construction d’une église provisoire, ce serait ceux de la chapelle que la commune d’Ustaritz avait établie il y a peu de temps pour lui servir pendant qu’on construisait une église (…) »

Le Conseil Municipal saisit l’aubaine et : « autorise Monsieur le Maire assisté de Novion et Cazalis à se mettre en rapport avec Monsieur le Maire d’Ustaritz après avoir préalablement examiné les matériaux et procédé à une expertise contradictoire. »

Le 11/9/1864 on peut lire dans le registre des délibérations du conseil municipal le : « Rapport verbal de Messieurs Cazalis, Novion et Lacouture qui avaient été chargés de se mettre en rapport avec monsieur le Maire d’Ustaritz »

Le tout est évalué par les experts à la somme approximative de 2200 ou 2300 francs. Après discussion l’achat est arrêté à la somme 2030 francs. La commune demande des délais de paiement qu’elle obtient d’Ustaritz. Dans une délibération du 25/9/1864 il est noté que : « le prix a été définitivement arrêté à 2030 francs payables en deux termes : le premier juillet 1865 1030 francs et le premier janvier 1866 le solde 1000 francs, sans intérêts. »

Le terrain sur lequel doit s’élever l’église est donné par le maire (Pierre Lacouture), il s’agit d’une parcelle de 30 ares, qui correspond actuellement à une partie du vieux cimetière.

La population de Boucau qui était de 1500 habitants en 1857, fait un bond spectaculaire avec l’arrivée en 1881 de l’usine des Forges de l’Adour, pour atteindre en 1900 5000 habitants. La capacité de cette église en bois n’était plus suffisante. De plus elle était dégradée car très exposée aux tempêtes et aux frimas. Comme l’indique le curé Bergerot en 1890

« (…)  Dieu n’avait pas au milieu de nous une demeure convenable, elle était pauvre, indécente même, ne tenant plus debou. Quant aux heures d’une cérémonie, la tempête soufflait avec quelque violence, nous n’y étions pas rassurés pour nos vies (…) »

La décision est prise de construire une nouvelle église. L’évêque de Bayonne Monseigneur Jauffret pose la première pierre le 12/4/1898, et après bien de difficultés et de soucis l’église était enfin achevée. C’est le dimanche 2 avril 1903, à 10 heures, qu’elle reçoit la bénédiction par monseigneur Diharce, évêque de Bayonne.

L’église fut dotée d’une cloche appelée « Henriette » qui fut bénie le 23/10/1904. La famille Guilhou en fut la donatrice (Henriette Guilhou était l’épouse d’Ernest Guilhou).

Par manque de financement le clocher de l’église ne fut pas construit.

Le 17/5/1903 on apprend par une délibération du conseil municipal que la démolition de la vieille église va commencer, ainsi que la construction d’un bâtiment à usage de porche, morgue et magasin.

 

Voici la liste des curés de Boucau jusqu’en 1942

Jean HAYET du 25/11/1866 au 20/12/1870

Jacques Henri LOUGE du 21/12/1870 au 28/2/1889

Jean Pierre BERGHEROT du 1/3/1889 au 29/11/1907

Jean Ernest LOUSTAU du 12/1/1908 au 25/1/1916

Léon BIDOT du 26/1/1916 au 19/5/1924

Gabriel LAMY du 19/5/1924 au 25/5/1932

Paul MIGNOU du 26/6/1932 au 1/10/1942




mercredi 4 novembre 2020

DUPUY

 ChallengeAZ 2020 :

 Voici la lettre D : DUPUY

La famille DUPUY est originaire de Nérac (47) je n’ai remonté son ascendance que jusqu’au milieu du 18ème siècle, il me reste donc pas mal de recherches.

Philippe est le premier DUPUY que j’ai découvert et c’est mon sosa 80. D’après l’âge à son décès il est né vers 1737. Il est jardinier. Il épouse Frise LASSERRE, sosa 81, vers 1760-1765 j’ignore le lieu de leur mariage. Philippe DUPUY (DUPOUY sur certains actes) est décédé à Nérac (47) près de la verrerie le 12/3/1825. Frise est décédée au même lieu le 11/6/1812.


J’ai trouvé deux enfants à ce couple, il y en a peut-être d’autres. Les deux enfants ont été baptisés paroisse Saint Nicolas à Nérac. Anne, la fille est née le 5/8/1769 et baptisée le lendemain, ayant pour marraine Anne LASSERRE de Saumont (47).

Arnaud, mon sosa 40, est né le 13/9/1766, et baptisé le 15/9/1766. Il va épouser à Nérac le 27/2/1802 Marie LARRIBAU, sosa 41, née à Nérac le 6/7/1764, fille de Jean et de Marguerite LISSAUTE.

Arnaud DUPUY est cordonnier, le couple habite à Nérac au 25 rue de Condom. Aux recensements de 1836 et 1841 il est dit propriétaire. Il est décédé à Nérac, rue de Condom le 27/2/1844, son épouse est décédée au même endroit le 17/1/1846.

La déclaration de succession d’Arnaud DUPUY, déposée au bureau de l’enregistrement de Nérac le 13/7/1844, nous indique qu’il n’a qu’un fils Raymond André, qui est porteur de contrainte. De plus, il n’est pas le propriétaire de son logement du 25 rue de Condom, il appartient à son épouse.

En effet la déclaration de succession de celle-ci déposée au même bureau le 9/7/1846, nous indique qu’elle est propriétaire d’une petite maison à Nérac, rue de Condom (sûrement le 25 mentionné dans les listes nominatives) et d’un petit lopin de terre.

Leur fils Raymond André DUPUY, sosa 20, va se marier deux fois :

La première fois à Espiens (47) le 28/11/1827 avec Marguerite LABENNE, fille de Jean et de Marie Goudin, née à Espiens le 13/2/1805 et décédée à Nérac le 18/2/1833. De cette union est issu un fils Jean DUPUY (DUPOUY) né à Nérac le 28/2/1830, il y est décédé le 3/3/1830.

Une deuxième fois à Sempeserre (32) le 10/3/1839 avec Victoire DUTHIL, sosa 21, fille de Jacques et de Rose Bernes, née à Saint Mézard (32) le 9/10/1816, décédée à Nérac le 8/12/1893. De cette union sont issus 4 enfants dont nous allons parler plus bas.

En 1827, 1830 et 1833, 1839, Raymond André est bouchonnier à Nérac et habite 25 rue de Condom.

A partir de 1841 (date du recensement) il est porteur de contrainte et également propriétaire et cela jusqu’à la naissance de Bernard Gustave en 1847. Ensuite il est commis percepteur, percepteur et même employé.

Il est décédé à Nérac le 14/2/1883, employé, et domicilié rue Gambetta à Nérac. Maintenant, mon prochain objectif en allant (quand ce sera possible) aux AD 47 d’Agen c’est d’étudier les différents domiciles de la famille, plus en détail. Il n’a pas été déposé de déclaration de succession, suite à son décès, car il n’avait aucun bien mobilier et immobilier.

Par contre j’ai consulté celle de son épouse Victoire DUTHIL décédée à Nérac, rue Sederie, le 8/12/1893. Cette déclaration déposée au bureau de Nérac le 7/6/1894, indique qu’elle laisse pour héritiers ses trois enfants :

« Frédéric (qui fait la déclaration), Gustave employé du chemin de fer à Saint Sever, Claire épouse Descat à Oran (…) biens immobiliers : une maison à Nérac, rue Gambetta avec rez de chaussée et 1er étage, qui est louée au moment du décès »

Le couple a eu plusieurs enfants :

1.  Claire Victoire DUPUY née à Nérac le 28/7/1842, décédée à Paris 14ème le 11/9/1909.

    


Elle épouse à Nérac le 20/3/1863 André DESCAT décédé à Auxerre le 15/4/1901

2.     Joseph Nelson DUPUY né à Nérac le 18/10/1844, décédé à Nérac le 6/9/1847.

3.     Bernard Gustave DUPUY né à Nérac le 9/3/1847, décédé à Boucau le 2/6/1914. Il est employé des chemins de fer.

    


Il épouse à Nérac le 19/8/1877 Suzanne Elisabeth HOURRES née à Nérac le 6/5/1856, décédée à Boucau le 6/12/1934. Elle était la fille de Louis et de Marie Marguerite CAVALIER

Il s’agit de mes sosas 10 et 11, de leur union sont issus un garçon et deux filles, dont ma grand-mère.

4.    Justin Frédéric DUPUY né à Nérac le 4/12/1849, décédé à Nérac le 4/6/1921. Il est bouchonnier.

    

Il épouse à Nérac le 27/4/1878 Marie Lucie ROUZAIROL, née à Nérac le 13/12/1848, décédée à Nérac après 1921.

Dont un fils Jean Adolphe DUPUY né à Nérac le 28/5/1881 époux de Joséphine BALIAUD (je n’ai pas encore étudié cette descendance)

 


Dans un Challenge AZ précédent j’avais étudié la vie de Bernard Gustave DUPUY, qui a été prisonnier de guerre pendant guerre de 1870, du 3/9/1870 au 21/6/1871. C’est le sujet d’un prochain billet sur mon blog.


mardi 3 novembre 2020

La CALE

ChallengeAZ 2020 :

Voici mon nouvel article concernant la lettre C : La CALE

La Cale dans les années 1960

Elle a été construite en 1732 pour abriter les chaloupes des pilotes. Sans les pilotes pas de franchissement possible de la Barre de l’Adour. Les pilotes possédaient des chaloupes équipées de huit hommes. Ils étaient commandés par le chef des Pilotes « Le Pilote Major ». Ce titre est resté pendant près de deux siècles dans la famille Sallenave. Certains vieux Boucalais affirment que les anneaux d’attache des couralins (petite barque locale) existaient encore, au début du 20ème siècle, scellés à la grande maison, qui abrite aujourd’hui une banque : la maison Milhet.

Les couralins sortant de la Cale

Un plan conservé à la Chambre de Commerce de Bayonne, et daté de 1782, nous permet de vérifier l’emplacement de la Cale.

La cale fut comblée, entre 1852 et 1854, pour permettre le passage de la voie de chemin de fer Bordeaux-Bayonne, et on la reconstruisit à son emplacement actuel. 

Son comblement ne fut pas chose aisée et provoqua de nombreux désagréments pour la population. Ainsi, en janvier 1857, le maire Pierre Lacouture constatait-il dans un mémoire adressé aux autorités :

« Le comblement du havre du Boucau dans lequel jaillissaient de fortes sources avant ce travail, en les étouffant, a refoulé la nappe d'eau qui a pénétré dans les caves des trois maisons où elle n'avait jamais paru avant ce comblement ».

C'est en 1979, à l’occasion de travaux d’assainissements, que furent découverts les vestiges de l’ancienne Cale sur la place Sémard.


Note: 

Une cale, est dans un port, le plan incliné destiné à mettre à l’eau ou haler à sec les bateaux.

Sources:

AD 64 et AD 40 pour les plans cadastraux (Boucau était dans les Landes avant sa création en 1857)
Bulletin de la Société Sciences Lettres et Arts de Bayonne année 1978 il s'agit d'un ouvrage sur le détournement de l'Adour 
Archives personnelles

lundi 2 novembre 2020

Bernard POLONY

 

ChallengeAZ 2020: 

Voici mon nouvel article sur la lettre B 

Bernard POLONY

Bernard POLONY est mon Sosa 264, il est ondoyé à Agen : paroisse Saint Hilaire, le 20/10/1660.

Il sera baptisé à la paroisse Saint Caprais d’Agen le 12/4/1665. Il est le fils de Christophe Polony (qualifié de noble dans cet acte) et d’Isabeau de MOUANS. Il a pour parrain son frère aîné Marc Antoine POLONY et pour marraine Rose de LOUBATERY, dame de Galapian. Cette dernière est l’épouse de Pierre de LUSIGNAN, seigneur de Galapian, et fille de Florimond de LOUBATERY, seigneur de Bellecombe, conseiller du Roi en la cour des aides de Guyenne et de Constance de CARBONIER (1).

Christophe POLONY est opérateur du roi et vendeur exclusif (dit-il) du seul et unique Orvietan (voir mon article sur les opérateurs dans le ChallengeAZ 2018 article O). Un opérateur est, au 17ème et 18ème siècle, un charlatan qui vend des « drogues » sur la place publique. (2)

Son épouse Isabeau de MOUANS, connue également sous le nom de MONTOUX de CASTELLANE est peut-être la fille de Antoine, Baron de CASTELLANE, sgr de Rougon, et de Claire de GRASSE dite de MOUANS. Si cette filiation est exacte nous descendrions par Claire de GRASSE de Mathe de FOIX, descendante de Saint-Louis. Mais il reste à prouver la filiation d’Isabeau de MONTOUX alias MOUANS.

Bernard est opérateur, comme son père et ses frères. De son union avec Lucrèce JEAN (JEANNE car on féminise le nom de la femme dans le sud de la France, comme en Occitanie d’ailleurs) (3) fille d’Honoré JEAN, huissier et d’Hélène BARONNE (BALONNE sur certains actes). Je n’ai pas trouvé le mariage, j’ai juste trouvé sur des relevés de contrat de mariage (sur geneanet), qu’un acte avait été passé Volonne (04) le 10/7/1689, entre Bernard POLONY, opérateur du Roi, fils de Christophe opérateur du Roi, et Lucrèce JEAN, fille d’Honoré JEAN, huissier. Tout cela reste à vérifier.

Le couple aura 11 enfants, dont la majorité nés à Brignoles (83). 

On va trouver dans l’ordre :

1.     Anne POLONY Née et morte à Brignoles le 18/7/1690

2.     Marguerite POLONY née le 21/2/1692 à Brignoles, parrain François Chrestian, notaire, et marraine Clère Renesse. Marguerite est dcd à Brignoles le 8/9/1692

3.     Elisabeth POLONY née à Brignoles le 24/4/1693, 


   parrain Honoré Jean, huissier (Grand-père maternel) et marraine Françoise Jeanne. Elle est dcd à Dieulefit (26) le 12/11/1755. Elle avait épousé à Grasse le 10/4/1710 Jean François DAPRES de BLANGIS

4. Véronique POLONY née à Brignoles le 8/6/1694, parrain Joseph Aubert, apothicaire, marraine Isabeau Fernande. Elle épousera à Montbrison (42) François BESSON médecin.

5.   Louis POLONY né le 23/8/1695 à Brignoles, parrain Joseph Braqueti, médecin, marraine Marie de Chautard. Il est dcd à Brignoles le 23/3/1697

6.  François POLONY né à Brignoles le 2/12/1696, parrain François Fouque et marraine Gabrielle Montanes. Il est décédé à La Rochelle (17) le 17/4/1761. Il avait épousé à Béziers le 11/11/1725 Françoise Thérèse ROGER. Sa descendance a fait souche en Charente Maritime.

7.   Anne Marie POLONY née à Brignoles le 6/4/1698, parrain Honoré Jean,  et marraine Hélène Balonne ses aïeux maternels.

Elle épouse à Brignoles, le 30/9/1721 François AMIC.

A cette occasion on apprend que ses parents, Bernard POLONY et Lucrèce JEANNE vivent à Montbrison (42)

8.     Louise POLONY née à Brignoles le 27/8/1700, parrain Honoré Jean son aïeul et marraine Isabeau Jeanne (Jean, tante à l’enfant ?)



9.     Joseph Felix POLONY est né à Cannes (06) le 7/5/1702, c’est mon sosa 132. Il est dcd à Misson (64) le 2/8/1773.

Il va se marier deux fois

1°) le 10/6/1727 à Béziers avec Antoinette POLONY, sa cousine germaine (fille de Joseph POLONY, fils de Christophe, et de Anne de LAVIT), d’où 5 enfants.

2°) le 30/1/1737 à Labatut (40) avec Marie JAUREGUY (sosa 133) fille d’Arnaud et de Jeanne DARIEUSSECQ), d’où 7 enfants.

10.     Jean Baptiste né vers 1705 à Saint Saturnin les Apt (84) et dcd à Vic Fesenzac (32) le 4/9/1774. Voici l’acte tel que je l’ai copié il y a 30 ans au moins, il n’y avait pas de numérique en ce temps.

« Jean Baptiste Polony natif d'aix en provence ce disant dantiste de son altesse le prince de Condé ci-devant mort en cette paroisse le quatre

janvier mille sept cens soixante quatorze après avoir reçu les sacrements a été inhumé au mavieux le cinq l'office fait par le chapitre assisté des pères

cordeliers en foy de quoi me suis signé Terrade archiprêtre »

AD 32 5 E 716 /2 1771-1779

Son neveu Martin POLONY (fils de Joseph Felix) réclame sa succession. (4)

11. Bernard POLONY dit SAINT MARTIN né à Greaux les Bains (04) le 12/12/1707, il est dcd à Oloron Sainte Marie (64), paroisse Sainte Croix le 15/3/1791. Il s’était marié deux fois :

1°) le 17/5/1735 au Vigan (30) avec Suzanne PASCAL

2°) le 16/1/1743 à Oloron Sainte Marie (64) paroisse Sainte Croix avec Marie DESPAA, qui est dcd à Oloron Sainte Marie (64) paroisse Sainte Croix le 1/2/1755.

 

Je n’ai pas trouvé le décès de Bernard POLONY à Montbrison, il est peut-être mort dans un petit village aux alentours. La recherche se poursuit. On a bien trouvé le décès d’une Lucrèce JEANNE à Saint Sauveur Gouvernet (26) le 17/3/1728, il s’agit d’une personne de religion protestante, or dans la famille POLONY tout le monde est catholique, les enfants sont tous baptisés et se sont mariés dans la religion catholique. Alors, s’agit-il de « notre » Lucrèce ? Rien n’est moins sûr.

Vous le voyez, la généalogie de la famille POLONY est pleine de mystères à résoudre.


Notes:                   

(1)    AD 47 B 62 page 257

(2)    https://attrapememoire.blogspot.com/2018/11/o-comme-operateur.html

(3)   Le phénomène n'est pas systématique, mais de nombreux généalogistes constatent, lors de recherches dans des registres du xviie et xviiie siècles, que les patronymes (noms de famille) des filles ou des femmes sont féminisés, dans certains pays de langue d'Oïl comme de langue d'Oc. Certains curés emploient cette pratique de façon presque constante, d'autres n'y ont pas recours. Il n'y a pas de « règle » grammaticale pour cette féminisation. Exemples (issus de la commune de Nailloux, Haute-Garonne) : Monfraix - Monfraisse ; Amiel - Amiele ; Poux - Pouze ; Thomas - Thomasse ; Roudié - Roudière ; Mirabail - Mirabelle. (Wikipedia)

(4)   Succession en déshérence du sieur Jean Baptiste POLONY + Vic Fezensac. Revendication de son héritage par son neveu le sieur Martin POLONY, bourgeois de Misson. Il déclare que son oncle est né à Saint Saturnin en Provence diocèse d'Apt (AD 32 C 496)

 

Sources :

Remerciements à Jean Marie PIERRE

AD 83 en ligne pour les paroissiaux de Brignoles ; AD 47 pour ceux d’Agen ; AD 40 pour les recherches sur la branche landaise.

Enfin toutes les autres AD : 04, 84, 06, 17, 42, etc… car la famille POLONY a voyagé dans toute la France.

Je n’oublie pas la BNF avec Gallica source inépuisable et combien indispensable

 

dimanche 1 novembre 2020

L'Adour et son embouchure

Dans le cadre du challengeAZ 2020 voici mon premier article : L’Adour et son embouchure

 

« Ondes fugitives de l’Adour

Vous qui passez plaintives sans retour

Gardez sur vos rives mes amours

Gardez mes amours, toujours, toujours »

C’est le refrain de la chanson « La Dacquoise » écrite par Hyppolite Despax un Dacquois de la fin du 19ème siècle. L’Adour, rivière landaise, dans la majorité de son cours se jette à Tarnos et fait la frontière entre le Pays Basque et la Gascogne.

Mais son embouchure, ne fut fixée à son endroit actuel, qu’à partir du 28 octobre 1578. Avant, elle vagabonda, jusqu’en 1310 environ, selon certains auteurs, elle se jetait à Capbreton, et à la suite d’une violente tempête, elle débouchait à Port d’Albret aujourd’hui Vieux-Boucau. De ce fait elle privait Bayonne de son débouché historique de Capbreton, c’est le marasme pour la ville. A cause du peu de profondeur du lit de l’Adour, les gros navires ne peuvent aller à Bayonne. Les Bayonnais s’en plaignent, d’abord à Charles VIII en 1491 (celui-ci ordonne une enquête qui fut vite abandonnée), puis à Charles IX en 1561. Le roi envoi Claude Grimal, dit le Capitaine Flayol sur les lieux, pour déterminer en quels points pourraient être fait un éventuel détournement. Son choix se porta sur le lieu-dit Trossoat, dans la paroisse de Tarnos, au niveau de la Maïsica, pratiquement au lieu où se jette le Bazé qui est un vestige de l’Adour ancien. Des travaux sont entrepris, mais le superintendant les arrête. Le 19 juin 1572, le Roi passe un contrat avec Louis de Foix, pour 

régler les conditions de la réalisation de la percée, qui devait permettre à l’Adour de se diriger vers la mer. A partir du Trossoat il a été prévu « la fermeture de la rivière sur 150 toises (290m), le creusement d’un canal de 900 toises (1800m) vers la mer ». Le travail, gigantesque pour l’époque, aboutit, malgré beaucoup de difficultés, et le 28 octobre 1578 le fleuve coulait droit sur l’Océan. De nombreux travaux furent nécessaires, pour entretenir l’œuvre de Louis de Foix. L’architecte et maître d’œuvre Bernard de Milhet, veillait sur « les caisses et les sables » de la digue et de l’embouchure. 

Buste de Louis de Foix (Phare de Cordoun) (1)

En réalisant cette embouchure, Louis de Foix pensait faire une œuvre définitive, c’était sans compter sur les caprices de la nature, car l’Adour se refusait à suivre le chenal artificiellement imposé. Vers la fin du 17ème siècle elle s’était décalée de 600 m vers le sud, se jetant pratiquement à la Chambre d’Amour. Il faudra attendre la fin des travaux d’endiguement, vers la moitié du 18ème siècle, pour retrouver une situation normale. Dès la fin du 17ème siècle, on commença à construire des digues, pour résoudre deux problèmes, assurer la fixité de la passe et maintenir une hauteur d’eau suffisante. Les dépenses jusque-là assurées par la ville de Bayonne, furent prises en charge par l’Etat dès 1729.

Plan de l'embouchure de l'Adour (BNF Gallica)
Magdelon de Touros, directeur des fortifications de Bayonne de 1727 à 1739, est le promoteur du plan consistant à endiguer l’Adour sur les deux rives, avec des digues maçonnées pour remplacer celles installées par l’ingénieur Ferry qui étaient en charpente. Dès 1730, les travaux commencèrent, et en 1732 on avait construit le Havre du Boucau (La Cale) qui servait d’abri aux chaloupes des pilotes. En 1754 l’endiguement était pratiquement fini, la longueur de la digue nord était de 1230 toises (2398 m), celle de la digue sud était de 870 toises (1500 m). En 1787, quand il visite Bayonne, le voyageur anglais Young, dans son ouvrage « Voyage en France » ne cache pas son admiration pour le travail accompli. « C’est, dit-il, un ouvrage remarquable et d’utilité et qui a exigé de grands frais. » L’investissement est de 4 millions de livres. Tous ces travaux étaient dirigés, par les directeurs des fortifications. 

Touros quand il était à Tarnos pour surveiller les travaux, logeait dans l’hôtel de la Direction au Boucau (l’ancien cinéma Terminus et actuellement Leader Price). Le 4/10/1771 Bernard des Costes D’Eyrinac, directeur des fortifications de la province de Guyenne et des Pyrénées, est décédé au Boucau, dans son hôtel de la direction.

Le chantier a nécessité une main d’œuvre considérable. En 1737 près de 900 hommes travaillaient sur l’ouvrage. Le quartier du Boucau était le lieu de résidence privilégié des entrepreneurs des travaux de la Barre. Paul Gaujet entrepreneur jusqu’en 1745, réside dans la maison de Joanichon (boucherie et pharmacie de la place Sémard). Son successeur François Morancy, originaire de La Rochelle, construisit la maison de Belair (château Majesté). En 1773 c’est Jean Laborde qui lui succède, il est enterré dans l’ancienne chapelle de la propriété.

La commune de Boucau sera créée en 1857 par la réunion de deux sections du cadastre de Tarnos : la section de Romatet et celle du Boucau.

 

Collection personnelle

Notes

(1) Claude Grenet-Delisle: Louis de Foix, Horloger, ingénieur et architecte de 4 rois (1998)

 Sources :

Archives municipales de Bayonne, Archives départementales du 64, Archives départementales des Landes, Archives personnelles, Blog Jean Pierre Cazaux Histoire (s) de Boucau (Blogspot)

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